A Granzay-Gript, maire et parents d'élèves se mobilisent pour leur enseignante et directrice d'école sous le coup d'une mutation. Décision aujourd'hui.
Lorsqu'Annie Barki, vice-présidente de l'association des parents d'élèves (APE) du groupe scolaire Jules-Verne à Granzay-Gript a appris la nouvelle, elle a d'abord cru à « une blague
». Mais l'histoire ne fait rire personne à Granzay-Gript. Anne-Lise Vallade, 28 ans, enseignante et directrice de l'élémentaire, serait sous le coup d'une mutation.
« Hein ? Quoi ? Elle part ? » Dans la petite commune de 870 habitants, la nouvelle s'est répandue comme un feu de paille la semaine dernière, suite à une réunion préparatoire du
conseil d'école. Et la pétition, lancée à la hâte et envoyée hier matin à l'inspection académique pour demander « le maintien de la directrice à son poste », a recueilli une centaine
de signatures. Soit la quasi-totalité des familles des 127 élèves que compte le groupe scolaire.
'' Fais quelque chose maman ! ''
Parents d'élèves, membres du conseil d'école et maire de la commune ne tarissent pas d'éloges sur la jeune femme, nommée de façon provisoire à ce poste lors de la dernière rentrée. « Il
s'agit d'une jeune enseignante investie et dynamique, qui ne compte pas ses heures. Elle prenait des initiatives et était porteuse de projets. Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Et puis
elle est bien plus qu'une maîtresse ! » détaille Annie Barki. « Fais quelque chose, maman », lui a ainsi soufflé sa fille en classe de CE2 à propos de son enseignante donnée
partante.
Pour David Chassériau, parent d'élève, la mutation de la directrice d'école serait tout simplement « absurde ». « Elle pourrait apparemment se retrouver sur quatre quarts temps,
dans quatre établissements différents ! C'est toute une vie familiale qui en prend un coup, sans compter les risques sur la route. On comprendrait qu'elle le prenne comme une sanction ! »
s'insurge le père de famille. Des rumeurs courent déjà sur l'éventuelle remplaçante. « Elle serait amenée à faire le trajet depuis Pons, soit 95 km deux fois par jour », avance Valérie
Begout, la représentante des parents d'élèves élus au conseil d'école dans un courrier adressé à l'inspection académique. « Vive les économies et le bilan carbone ! Dans le domaine, c'est
zéro pointé ! » ironise David Chassériau, qui interpréterait une telle décision comme un abandon des petites écoles de campagne. Pour autant, les acteurs de cette mobilisation insistent :
il n'est pas dans leur intention de se positionner contre celle qui pourrait arriver, mais en faveur de celle qui pourrait être amenée à partir.
Pour l'heure, rien n'est définitif et Granzay-Gript devrait être fixé aujourd'hui sur le sort de sa protégée (lire par ailleurs). Annie Barki se dit déjà prête à poursuivre son action de
soutien. En espérant d'ici un mois pouvoir offrir à la jeune enseignante une tablette de chocolat et un bouquet de fleurs du jardin en lui lançant « A l'année prochaine ! »
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